Savoir et Agir! #2

Agir est aujourd’hui essentiel, mais encore faut-il savoir pourquoi. Voici la seconde partie de la série Savoir et Agir.

Les emballages à usage unique

Un éclairage nouveau sur ce que l’on peut retrouver lorsque le fond de l’eau se découvre…

Savoir: Un article passionnant du Monde Diplomatique de février 2019 retrace l’avènement des bouteilles jetables. Autour des années 30, les contenants en plastique et aluminium font leur apparition aux Etats-Unis, face au système alors en place de bouteilles en verre, consignées, collectées, nettoyées et réutilisées (la fameuse bouteille de lait livrée et récupérée devant la porte de la maison entre autres). Mais alors que ce système efficace et écologique fonctionne à merveille, certaines marques promettent d’offrir d’avantage de « liberté » au consommateur : ne plus avoir besoin de rendre sa bouteille et pouvoir simplement la jeter n’importe où. La publicité est très claire, on y voit un homme sur une barque au milieu d’un étang balançant simplement sa canette par-dessus bord, c’est ça la liberté !

Mais si l’industrie est si enthousiaste à ce sujet, c’est qu’elle a en fait énormément à y gagner:

  • Plus de coûts de collecte et de reconditionnement ! C’est désormais le contribuable qui paie au travers de l’impôt allant au service publique de ramassage des déchets.
  • Augmentation de la marge par la suppression des intermédiaires, entre autres ceux chargés de l’embouteillage.
  • Concentration de la production dans de plus gros centres moins nombreux grâce à l’augmentation de la distance de diffusion permise par la désormais absence de collecte (le coût du transport de l’emballage est divisé par deux puisque qu’il ne fait désormais plus que le trajet aller).

Bref, pour l’industrie c’est un véritable jackpot. Malheureusement, les consommateurs ont bien retenu la publicité et très vite les espaces publics se retrouvent jonchés de ces déchets. Rapidement dépassés par cette nouvelle pollution sauvage, les états de l’Oregon et du Vermont restaurent finalement le système de consigne en le rendant obligatoire. Plusieurs autres états prévoient de leur emboiter le pas, ce qui n’est évidemment pas pour plaire à l’industrie. Le directeur d’un des plus grand producteurs de canettes aluminium des USA ira même jusqu’à perdre carrément son sang-froid:

« Il nous faut lutter par tous les moyens contre les référendums sur les bouteilles organisés cette année dans le Maine, le Massachussetts, le Michigan et le Colorado, où des communistes, ou des gens qui ont des idées communistes, essaient de faire prendre à ces états le même chemin que l’Oregon ! » William F. May, directeur de l’American Can Compagny.

L’association « Keep America Beautiful » est donc crée et diffuse rapidement un spot publicitaire dans lequel un indien verse une larme alors qu’un sac de déchets est jeté à ses pieds depuis la fenêtre d’une voiture. En voix off « La pollution, ça commence par les gens. Ce sont eux qui peuvent y mettre fin ».

Tout est dit, et depuis on nous rabâche les oreilles avec le même sonnet : le consommateur est responsable et la pollution dépend uniquement de lui. Lui seul peut sauver la planète. C’est oublier grossièrement que l’industrie pourrait mettre fin à la pollution générée par les emballages à usage unique si elle arrêtait simplement d’en produire. S’il y a bien un premier responsable, c’est elle, et personne d’autre. Depuis des décennies on tente de nous faire croire que c’est nous, les consommateurs, qui avons l’entièreté de la responsabilité. C’est tout simplement faux ! Dernièrement, un gros distributeur m’expliquait que les bouteilles en verre polluaient plus que celles en plastique puisque leur poids supplémentaire demandait plus d’énergie pour leur transport. C’est oublier que transporter des bouteilles sur de telles distances est un non-sens écologique ! Mais il semble évident que l’industrie préfère oublier qu’il est possible de produire local, grâce à des structures plus petites mais plus nombreuses, disséminées sur le territoire. Alors oui, ça coûterait un peu plus cher, mais doit-on réellement rappeler que l’enjeu concerne non moins que la survie des générations futures ? Il s’agirait d’un prix juste, considérant un mode de vie durable (ce qui est honteusement loin d’être le cas aujourd’hui)…

Agir : En attendant que Nestlé et consorts daignent enfin prendre leur immense part de responsabilité, nous pouvons tout de même faire pression dans ce sens et nous montrer plus durables en diminuant notre consommation de produits livrés dans des emballages jetables. Il est tout de même malheureux que la ville de Zürich, par exemple, soit contrainte de remplacer ses poubelles par des plus grosses à cause de l’explosion de la consommation des repas à l’emporter emballés dans des barquettes, cartons, gobelets, sachets, sacs, box, etc. à usage unique ! Alors achetez en vrac, au marché ou dans les magasins qui le proposent. Gardez toujours un sac sur vous et refusez les emballages inutiles qu’on vous “offre” gracieusement. Utilisez une gourde ou un thermos. Diminuez votre consommation de boissons en cannettes, verre ou PET. Préférez l’eau du robinet, généralement 1000x moins chère, infiniment plus éthique et souvent plus équilibrée. Fuyez le café en capsule, et pourquoi ne pas tentez le zéro déchet, ne serait-ce qu’une journée ?

Début 2019, des militants de l’ONG Greenpeace remettent à la direction générale de Nestlé un “monstre de plastique” confectionné à l’aide d’emballages estampillés Nestlé récoltés aux Philippines.

Le système ultralibéral actuel oblige les entreprises à maximiser leurs profits à court et moyen terme, mais détruire le long terme rend les humains profondément malheureux. Nous en sommes donc arrivés à un point ou chaque acte d’achat devient politique : prix plancher, exploitation, pollution et malheur ? Ou prix juste, respect, durabilité et bonheur ? Le choix semble évident, souvenons-nous en la prochaine fois que nous sortirons notre porte monnaie.

L’indifférence au luxe

Savoir : Le luxe est avant tout un palliatif inefficace au manque de valorisation personnelle causé par le déficit de Sens de nos vies, réduites à l’état inSensé de ressources humaines productivistes et consommatrices, qui nous pousse à l’hyperconsommation polluante infinie et donc malheureuse (voir Le luxe). Néanmoins, des décennies de lavage de cerveau publicitaire à coup de milliards (près de 500€/an/habitant en Suisse, source antipub.ch) nous ont fait oublier ce dommage collatéral et permis de simplement nous extasier devant cette « superbe » montre / sac à main / voiture de sport / piscine / robe / bijou / télévision / aspirateur / etcetera etcetera. Alors oui, certains de ces objets sont beaux et provoquent donc en nous des émotions positives, mais tout est question d’équilibre. La limite étant justement dépassée lorsque l’objet n’est plus là pour faire profiter de sa beauté intrinsèque, mais pour tenter de compenser la pauvreté en Sens de la vie de son propriétaire. Il est plus que temps d’arrêter de confondre richesse financière et valeur personnelle, capital argent et capital suprême.

Une oeuvre d’art bien plus belle et infiniment moins chère que n’importe quel objet de luxe?

Agir : Arrêtons de nous extasier systématiquement devant le luxe et conservons un point de vue critique. Certes cet objet est peut-être beau, mais de la beauté il y a aussi plein tout autour de nous, gratuite qui plus est (il manque peut-être juste la pub pour nous la faire remarquer). Alors que justifie sa surconsommation inutile ? Son propriétaire tente t’il de masquer sa pauvreté d’être avec cet objet ? Quelle pollution aurait pu être évitée si cet objet n’avait pas été acheté ? Et quelle ressource naturelle aurait pu être préservée ? En tant qu’acheteur potentiel, n’aurais-je pas meilleur temps d’ajouter un peu de Sens à ma vie si j’en suis réduit à envisager cet objet pour me réjouir ? A quel point suis-je conditionné par la publicité ? Elle ne dépenserait certainement pas tous ces milliards si ça ne fonctionnait pas au moins un peu. Au fond, est-ce encore un simple plaisir hors de prix ou rend-il vraiment heureux ?

La suffisance matérielle

Savoir : Rêvez-vous de posséder un objet en particulier? Ce smartphone dernier cri produisant des photos superbes, cette voiture magnifique bien plus adaptée à votre usage, cette grande télévision dotée d’une image à couper le souffle, cet instrument de musique légendaire, cet ordinateur fait pour vous, ce bijou extraordinaire, etc. Si tel est le cas, il est fort probable que vous courriez après le plaisir consumériste. Ce n’est pas votre faute, notre système a besoin que nous consommions plus chaque année pour survivre, et il fait tout pour nous y pousser, entre autre au travers d’une publicité chaque jours un peu plus agressive et omniprésente. Mais courir après le plaisir consumériste, c’est sans fin, et ça ne rend pas heureux. En effet, comme vous le savez sans doutes si vous avez parcouru ce site, il y manque une chose essentielle : du Sens ! Et travailler plus pour acheter toujours plus et donc polluer plus et épuiser d’avantage les précieuses ressources terrestres tout en nuisant irrémédiablement à l’environnement, ça n’en a aucun, de Sens. C’est même de l’anti-Sens: léguer ainsi aux futurs habitants de cette planète des conditions de (sur)vie déplorables. Pour autant que la vie y soit encore possible ? En fait, il semblerait que la surconsommation nous rend au final bien malheureux.

Agir : Se défaire de sa propre lobotomie publicitaire ainsi que de la pression exercée à travers celle de son entourage prend du temps. Il est si facile d’acheter, tout a été prévu dans ce sens et il n’est même plus nécessaire de se lever de son canapé. Reste que ce malheureux cocktail de plaisir et d’anti-Sens nous condamne à rien de moins qu’une survie misérable alors, battons-nous ! Petit à petit, libérons-nous du réflexe incomplet achat = plaisir. Prenons conscience qu’achat = plaisir + nombreux dommages collatéraux et devenons plus objectif : ce smartphone / voiture / télé / instrument / ordinateur / bijou / etc. ne me rendra probablement pas heureux, et je peux peut-être attendre encore un peu avant de me décider. Achetons moins, mais mieux. Et pourquoi ne pas profiter de l’argent économisé pour commencer à travailler moins et vivre plus, et donner un véritable Sens à sa vie ? Quand pourrez-vous dire : aujourd’hui, j’ai tout ce qu’il me faut, je n’ai besoin de rien.

La sobriété rend heureux.

Agir, le récapitulatif

Je profite de cette suite à la première partie pour proposer un sommaire des différents actes énumérés jusqu’ici, n’hésitons pas à nous en servir pour nous améliorer avec le temps 😉

Une petite liste pour AGIR pour un monde plus heureux, et le devenir :). Cliquez sur l’image pour l’ouvrir.

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