Choisir ses objectifs

Pourquoi choisir un objectif?

On le sait, pour être heureux il faut équilibrer le plaisir et le Sens dans sa vie. Mais alors que les deux semblent s’opposer, ils sont au contraire intimement liés. Sans but (significatif ou non), chaque choix qui se présente à nous est alors synonyme d’incertitude puisqu’on ne sait pas où l’on va. Ce n’est ni confortable ni agréable et cela nous empêche d’avancer convenablement. Sans plaisir, le chemin devient vite insupportable et l’objectif nous semble de plus en plus inatteignable, nous risquons fortement de nous décourager avant de l’avoir atteint. Tal Ben-Shahar écrit:

“Si l’on prend la route sans intention bien précise, il est peu probable que l’on retire beaucoup de plaisir du voyage. Si l’on ignore où l’on va, voire où on veut aller, chaque carrefour devient un lieu d’ambivalence: on ne sait pas s’il vaut mieux tourner à gauche ou à droite, puisqu’on ne sait pas non plus où on a envie d’aboutir, ni d’ailleurs où mène la route. Alors, au lieu de profiter du paysage, des fleurs sur le talus, on est rongé par l’hésitation, l’incertitude. Que va-t-il arriver si je prends par ici? Où vais-je me retrouver si je prends par là? Tandis que si on s’est fixé une destination, si on sait plus ou moins où on va, on est libre de concentrer son attention sur une tâche: profiter au maximum de l’endroit où on se trouve.”

Pour avoir la latitude de pouvoir réellement prendre du plaisir, il faut donc avoir défini un but. Et pour atteindre ce but, il faut être capable de prendre du plaisir sur le chemin qui y mène. Pour être heureux, il faut donc avoir au moins un objectif.

Choisir un but auto-concordant

Bonheur
Avez-vous déjà choisi un but, un objectif à votre vie? Est-il auto-concordant?

Reste à le définir, cet objectif, trouver celui qui nous convient, qui nous parle, et pour ça il faut prendre le temps d’y réfléchir un peu. Mais si votre but suprême est d’augmenter votre bonheur (et ce serait bien car c’est non-moins que la condition de la vie), mieux vaut choisir un objectif auto-concordant:

“Ceux qui sont en quête de mieux-être seraient bien avisés de se polariser sur la poursuite:

  1. de buts tournant autour de l’évolution personnelle, relationnelle et participative plutôt que l’argent, la beauté et le succès.
  2. de buts qui les intéressent personnellement et les concernent au premier chef, et non d’objectifs qu’ils se sentent obligés de poursuivre, avec parfois une certaine pression à la clef.” [1]

Cela signifie qu’il est clef de choisir des objectifs qui correspondent à nos valeurs propres, personnelles, qui sont porteurs de Sens pour nous. Et non qui répondent à des injonctions extérieures comme la pression sociale ou l’idéal capitaliste véhiculé entre autres par la publicité. Le capital financier, la richesse matérielle, le luxe, la célébrité, le pouvoir et autres ne sont pas des objectifs auto-concordant: ils ne correspondent à aucune de nos valeurs intrinsèques et ne sont donc pas porteurs de Sens. En conséquence, il ne rendent pas heureux. Pour trouver vos valeurs personnelles afin de savoir ce qui est le plus porteur de Sens pour vous, n’hésitez pas à aller jeter un œil à cet article.

Verbalisez cet objectif et lancez-vous!

Enfin, lorsque vous saurez dans quelle direction vous souhaiter vous orienter, et peut-être même où vous souhaitez vous rendre, n’hésitez pas le dire à haute voix. Pour commencer, à vous-même:

“Se fixer un but, c’est engager sa parole, et la parole a le pouvoir de créer un avenir meilleur. […] “Concept” et “concevoir” ont une étymologie commune. C’est par l’intermédiaire de concepts, de mots, qu’on peut concevoir une réalité nouvelle. […]

Puis aux autres:

“Les objectifs fixés enracinent en nous et en ceux qui nous entourent la conviction que nous sommes capables de surmonter les obstacles. Représentez-vous votre vie comme un voyage. Vous marchez, sac au dos; vous avancez à belle allure, quand soudain vous vous retrouvez face à un mur qui vous barre le chemin. Que faites-vous? Demi-tour, pour ne pas affronter le défi lancé par le mur? Ou bien adoptez-vous l’attitude opposée, à savoir jeter votre sac à dos par dessus le mur et chercher par tous les moyens à le franchir, le contourner ou l’escalader?

En 1878, Thomas Edison annonce qu’il exposera à tous les regards sa première ampoule électrique le 31 décembre, alors que jusque là toutes ses expériences ont échoué. Lui a jeté son sac à dos par-dessus le mur – celui des nombreux défis à relever; et, le dernier jour de l’année, la lumière fut.”

Choisir un objectif
Se lancer, ce peut-être aller découvrir de nouvelles personnes et de nouveaux paysages, par exemple à moto, et vérifier si l’on est capable d’atteindre une destination futur…

Le pouvoir de l’engagement, et la providence à la rescousse

Pour finir, un dernier extrait concernant l’alpiniste écossais William H. Murray:

“[…] au moment où l’on s’engage pour de bon, la providence se met en marche de son côté. Il se produit toutes sortes de choses favorables qui, sans cela, ne seraient pas arrivées. Une kyrielle d’événements découlent de cette décision, qui suscitent en votre faveur toutes sortes d’incidents, rencontres et aides matérielles intempestifs dont nul n’aurait rêvé bénéficier.”

Et vous, possédez-vous déjà un objectif auto-concordant porteur de Sens dans votre vie? Vous permet-il d’avoir la latitude de réellement y prendre du plaisir? Et la dernière fois que vous vous êtes engagé·e, avez-vous remarqué avoir bénéficié de la providence?

Encore merci à Tal Ben-Shahar et aux autres pour leur travaux et leurs écrits pleins de Sens et de sagesse.

Bonheur
Aller s’émerveiller de la nature, peut-être pour mieux la protéger.

[1] Ben-Shahar cite une publication de Kennon Sheldon rassemblant les travaux consacrés à la corrélation objectifs/bonheur.

2 réponses sur “Choisir ses objectifs”

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